“Jeu de tête chez les jeunes”, l’ACFF se positionne…

LE JEU DE TÊTE CHEZ LES ENFANTS, L’ACFF SE POSITIONNE

Suite à l’interpellation récente au Parlement Wallonie-Bruxelles, de Madame la Ministre des Sports Valérie Glatigny, relative à la problématique et aux risques du jeu de tête chez les plus jeunes footballeurs, l’ACFF tient à communiquer ci-après sa position.

«L’interpellation à la séance du Parlement Wallonie-Bruxelles fait référence à la fédération écossaise de football, qui envisageait d’interdire à ses clubs de pratiquer le jeu de tête lors des entraînements des joueurs de moins de 12 ans.

L’Association des Clubs Francophones de Football se montre évidemment très attentive à toute étude scientifique touchant de près ou de loin à la santé de ses jeunes footballeurs. De nombreux et réguliers échanges ont d’ailleurs lieu avec le Health & performance Département de la Fédération Royale Belge de Football et de l’UEFA sur les différentes thématiques liées à la santé.

La position récente de la fédération écossaise a, bien entendu, retenu toute l’attention de l’ACFF et la RBFA mais celles-ci veulent mettre en perspective la réalité écossaise face à la réalité belge.

Le jeu de tête, consécutif à des longs ballons aériens, est une caractéristique ancestrale du football britannique. A tel point qu’il est devenu sa qualité principale, redoutée des autres nations continentales privilégiant pour leur part un football au sol. Devenu une arme redoutable pour le football écossais, le jeu de tête a été travaillé de manière intensive dans les écoles de football dès le plus jeune âge. Avec les conséquences connues désormais.

A contrario, la Belgique a développé depuis deux ans un tout autre style de jeu, à partir d’une construction de l’arrière et d’une circulation de balle progressive par un jeu de passes au sol. Dans cette nouvelle approche du football, le jeu de tête devient complètement secondaire. Et pour nos jeunes joueurs appelés à développer ce style de jeu, il a été décidé d’adapter le format de jeu des enfants selon leur phase de développement (des plus petits terrains et moins de joueurs, favorisant le jeu au sol). Le plan d’apprentissage élaboré dans la vision de la formation de l’ACFF et de la RBFA depuis de nombreuses années ne considère pas le jeu de tête comme une caractéristique à développer avant l’âge de 16 ans. 

Ces derniers temps l’ACFF va encore plus loin en proposant de nouveaux formats de jeu aux tout petits U6 (2 contre 2) et U7 (3 contre 3). Privilégiant ainsi plus que jamais le jeu au ras du gazon puisque le ballon est maintenu constamment au sol que ce soit lors des mises en jeu, des remises en jeu voire des fameux «ballons magiques».  Dans le jeu à 5 contre 5 (U8 / U9), la relance du gardien de but et les rentrées en touche se font également au sol. Les nouvelles générations d’enfants vont donc naturellement se tourner vers un football pratiqué essentiellement au pied, le jeu de tête ne relevant plus que du fait de jeu exceptionnel.

Enfin, la taille et le poids des ballons sont adaptés à l’âge des pratiquants mais il n’est nullement exclu qu’à l’avenir, on puisse encore envisager pour les plus petits des ballons plus légers d’une autre texture.

En conclusion, l’ACFF est très sereine par rapport à cette question légitimement soulevée par la société soucieuse de la santé des jeunes pratiquant(e)s. Elle  se tient prête à répondre à toute autre question au sujet du jeu de tête en invitant les observateurs qui le souhaitent à assister à une démonstration des entraînements distillés ou des matchs joués sous son égide; et à montrer les guides des bonnes pédagogiques mis à disposition de ses formateurs. »